70 % des cuisines françaises sont carrelées – et pourtant, de plus en plus de propriétaires font le choix inverse. Ce paradoxe dit quelque chose d’important : la question n’est pas aussi tranchée qu’on le croit.
Parquet ou carrelage en cuisine, c’est souvent un choix entre le confort et la praticité. Mais avec les bons matériaux et une pose adaptée, les deux peuvent coexister avec votre mode de vie.
Est-il vraiment conseillé de mettre du parquet dans une cuisine?
L’idée reçue classique : le bois et la cuisine ne font pas bon ménage. Eau, graisses, chutes de casseroles – le parquet semblerait condamné d’avance. En réalité, c’est le type de parquet et sa finition qui font toute la différence.
Un parquet contrecollé correctement vitrifié ou huilé avec une huile dure spéciale pièces humides résiste très bien aux projections et à la vapeur. Ce n’est pas le même matériau qu’un parquet flottant bon marché posé dans un salon.
La vraie contrainte, c’est l’entretien immédiat : une flaque d’eau laissée plusieurs heures peut abîmer même un parquet traité. Si vous cuisinez beaucoup et avez des enfants en bas âge, soyez honnête avec vous-même sur vos habitudes. Le parquet en cuisine, c’est viable – mais pas sans discipline.
À Lyon, plus de 40 % des rénovations haut de gamme optent désormais pour le parquet en cuisine, selon le cabinet Renovetop. Ce chiffre monte, et il reflète une vraie évolution des usages, pas une tendance décorative passagère.
Est-ce que les gens posent encore du carrelage dans leur cuisine?

Oui, massivement. Selon les données du secteur relayées par Leroy Merlin, le carrelage reste en tête des ventes de revêtements de sol pour la cuisine en France. 7 cuisines sur 10 en sont équipées.
La raison principale : la résistance à l’humidité, sans condition particulière d’entretien. Vous renversez de l’huile, vous passez une serpillière. C’est réglé. Cette simplicité d’usage explique sa domination durable sur le marché.
Le carrelage a aussi évolué. Le grès cérame grand format imite aujourd’hui le béton ciré, la pierre naturelle ou même le bois avec une précision troublante. Ce n’est plus le carrelage beige des années 90 que certains craignent d’installer.
La tendance du parquet en cuisine gagne du terrain, c’est réel – mais elle ne détrône pas encore le carrelage. Elle coexiste avec lui, notamment dans les rénovations haut de gamme et les appartements parisiens ou lyonnais à fort cachet.
Quel type de parquet est le mieux adapté à une cuisine?
Trois familles de parquet existent : le massif, le contrecollé et le stratifié. En cuisine, le classement est clair.
- Parquet contrecollé : c’est la solution recommandée par Tarkett et la majorité des parqueteurs professionnels. Sa structure multicouche lui confère une stabilité dimensionnelle supérieure – il se dilate et se contracte moins que le massif face aux variations d’humidité. Selon l’Atelier Bois Parisien, 75 % des rénovations choisissent cette option.
- Parquet massif : possible, mais la pose doit être collée (flottant interdit en cuisine). Les essences denses et naturellement résistantes à l’eau comme le teck, le merbau ou le chêne sont à privilégier, avec une vitrification haute résistance obligatoire.
- Parquet stratifié : le plus abordable, mais le moins adapté. Il supporte mal une humidité répétée et les joints gonflent avec le temps. À réserver aux cuisines très peu sollicitées.
Pour les règles de pose des revêtements de sol en milieu humide, les normes DTU imposent des contraintes spécifiques à respecter selon le type de support et la zone d’exposition à l’eau.
L’épaisseur minimale recommandée est de 20 mm, avec une finition vitrifiée haute résistance ou une huile dure spéciale pièces humides. En dessous, vous prenez un risque réel sur la durabilité du sol.
Quel est le prix du parquet ou du carrelage en cuisine en 2025?

Les fourchettes de prix varient fortement selon la qualité et l’essence choisie. Voici les tarifs constatés en 2025, pose comprise :
| Type de revêtement | Prix au m² (fourni posé) |
|---|---|
| Parquet stratifié | 15 à 50 €/m² |
| Parquet contrecollé | 40 à 80 €/m² |
| Parquet massif (chêne, noyer) | 80 à 150 €/m² |
| Parquet hydrofuge (teck, bambou) | 65 à 260 €/m² |
| Carrelage standard | 70 à 130 €/m² |
| Grès cérame (fourni posé) | 100 à 150 €/m² |
Pour une cuisine de 20 m², opter pour du grès cérame émaillé représente un budget de 1 300 à 3 000 € pose comprise – avec une garantie de tranquillité sur 20 ans minimum.
Le parquet contrecollé sur une même surface revient à 800 à 1 600 €. Un écart qui se justifie si vous valorisez le confort thermique et l’esthétique bois.
Pour obtenir plusieurs devis et comparer les tarifs des artisans dans votre secteur, une mise en concurrence via une plateforme de devis travaux peut vous faire économiser plusieurs centaines d’euros sur la pose.
Parquet ou carrelage en cuisine : quels sont les avis des propriétaires?
Les retours d’expérience sur le parquet en cuisine se ressemblent sur un point : le confort sous les pieds est unanimement salué. Passer des heures debout à cuisiner sur un sol bois, c’est une expérience radicalement différente du carrelage. Les douleurs dans le bas du dos s’en ressentent.
Le revers, souvent cité : la vigilance permanente. Un verre d’eau renversé sans être essuyé immédiatement, et les propriétaires s’en mordent les doigts. Ceux qui ont des chiens ou des enfants en bas âge témoignent de micro-rayures et de gonflements autour de l’évier après quelques années.
Du côté du carrelage, l’entretien est clairement son point fort dans les avis. Pas besoin de réfléchir avant de passer le balai ou la serpillière. Mais le froid en hiver – pieds nus sur du carrelage le matin – est une plainte récurrente, surtout dans les maisons sans plancher chauffant.
Un compromis souvent adopté : poser du parquet dans la zone repas ou îlot central, et du carrelage ou vinyle LVT devant l’évier et les zones de cuisson. Ce mix pragmatique séduit de plus en plus, notamment dans les cuisines ouvertes.
Parquet ou carrelage : lequel dure le plus longtemps en cuisine?

Sur le papier, le carrelage gagne. Un carrelage en grès cérame dure facilement 30 à 50 ans en cuisine, sans entretien particulier. Seuls les joints vieillissent et se rejointent tous les 10 à 15 ans.
Le parquet stratifié tient environ 25 ans dans de bonnes conditions – moins en cuisine s’il est soumis à l’humidité. Le parquet contrecollé bien entretenu peut aller au-delà, avec la possibilité de le poncer et de le re-vitrifier deux à trois fois.
Le parquet massif, lui, joue dans une autre catégorie : certains parquets en chêne massif traversent le siècle. 100 ans de durée de vie, c’est documenté. Ce n’est pas de la publicité – c’est de la mécanique du bois dense, poncé et traité à intervalles réguliers.
Le vrai critère de durabilité en cuisine n’est pas le matériau seul, mais la combinaison matériau + finition + fréquence d’entretien. Un carrelage mal posé se fissure. Un parquet massif mal vitrifié gondole. La durée de vie commence dès le choix du professionnel qui pose.
Si vous envisagez aussi de revoir l’ensemble de votre cuisine – façades, plans de travail, électroménager – les avis sur les grandes enseignes comme Ixina peuvent vous aider à calibrer votre budget global de rénovation avant de trancher sur le sol.
Au fond, la question parquet ou carrelage en cuisine est moins un débat technique qu’un aveu sur votre rapport au quotidien. Ceux qui cuisinent pour le plaisir choisissent souvent le bois. Ceux qui cuisinent pour nourrir une famille choisissent souvent la céramique. Les deux ont raison.