Depuis le mardi 27 octobre 2026, les dernières pièces du Muséum de Nantes, les plus imposantes, quittent le bâtiment à la grue, par les fenêtres. Squelettes de la baleine, de l’éléphant et du rhinocéros : les ouvertures du musée sont trop étroites pour les passages ordinaires. L’opération clôt le déménagement, qui devait être achevé le 31 octobre 2026, avant le lancement des travaux de rénovation. « C’est la touche finale du déménagement », résume la conservatrice Florence Coutier.
Quand la porte ne suffit plus, on démonte la fenêtre
Le principe tient en une phrase de chantier : si la pièce ne passe pas par l’intérieur, on la sort par l’extérieur. Une fenêtre du palier du premier étage a été démontée. Une grue de chantier saisit les caisses depuis cette ouverture et les bascule vers les camions stationnés en contrebas. Cette méthode est classique dans la rénovation d’un bâtiment existant : quand les escaliers, les couloirs et les portes limitent le gabarit, la façade devient l’accès. Elle impose de déposer proprement le bâti, ici la menuiserie, avant de lever.
La baleine pose un problème supplémentaire. Il s’agit d’un rorqual commun de 18 mètres, découvert en 1991 à Donges. Sa colonne vertébrale va être dissociée de ses vertèbres pour faciliter la manutention. D’après la synthèse consultée, la baleine passe par la fenêtre ornée de la fresque du toucan, œuvre du peintre Alain Thomas, qui est elle aussi démontée pour l’occasion. La source ne précise pas s’il s’agit de la même fenêtre que celle du palier du premier étage : nous ne l’affirmons donc pas.
Les dimensions expliquent la contrainte. Le squelette de l’éléphant d’Asie, entré au Muséum en 1934, mesure 2,20 mètres de haut et repose sur une plateforme en bois de 4 mètres. Les pièces déplacées à la grue vont jusqu’à 5 mètres. Côté éléphant, la largeur a été le point de tension : « Hier, il y avait l’éléphant qui était vraiment très tendu au niveau largeur », rapporte-t-on côté équipe. Florence Coutier, elle, s’amuse de la scène : « un éléphant qui passe par la fenêtre, c’est pas tous les jours. »
Aucun poids chiffré n’a été communiqué pour ces squelettes, ni de précisions sur la grue ou l’entreprise de levage. La seule certitude, côté rhinocéros, est sa présence parmi les pièces évacuées par ce procédé.
Une dernière étape avant les travaux, jusqu’en 2029
L’opération du jour s’inscrit dans une séquence que l’on peut résumer ainsi :
- 3 novembre 2025 : fermeture du Muséum au public ;
- 27 octobre 2026 : début du grutage des pièces les plus imposantes ;
- 31 octobre 2026 : échéance fixée pour la fin du déménagement ;
- ensuite : travaux de rénovation, annoncés pour septembre ou fin 2026 selon les sources, avec un achèvement visé en 2029.
Ces dates de travaux sont des échéances annoncées, non des garanties : les sources divergent sur le démarrage, et un chantier de cette nature peut évoluer. Aucune date de réouverture précise n’est communiquée au-delà de l’horizon 2029 pour la fin des travaux.
Les squelettes géants ne sont qu’une partie du déménagement. Il concerne environ 15 000 pièces, dont environ 1 000 vertébrés : des ordres de grandeur, selon la synthèse consultée. Les pièces plus petites suivent un déménagement ordinaire, sans grue. Vider ainsi un bâtiment avant rénovation rappelle ce que l’on observe sur les chantiers d’édifices anciens : avant de toucher aux structures, on évacue les occupants et le contenu, comme on le fait pour traiter les risques liés à l’amiante dans un immeuble ancien, où les zones à reprendre doivent être libres avant l’arrivée des entreprises.
Pour le public nantais, la suite se joue donc en coulisses : le bâtiment, désormais vidé de ses collections les plus encombrantes, peut passer entre les mains des entreprises de travaux. Le projet de rénovation lui-même n’est pas détaillé ici, faute d’informations sourcées sur son contenu. Seule l’échéance de 2029 est annoncée pour la fin du chantier.