Une porte à galandage semble simple en apparence – un vantail qui disparaît dans le mur, pas de débattement, de l’espace gagné.
Mais derrière cette élégance se cache une contrainte que beaucoup découvrent trop tard : l’épaisseur de la cloison doit correspondre exactement au châssis, et les configurations standards ne sont pas toujours compatibles entre elles.
Voici ce qu’il faut vérifier avant de commander quoi que ce soit.
Quelle épaisseur de cloison pour une porte à galandage?
La réponse courte : 95 mm est l’épaisseur dominante pour intégrer un châssis à galandage en France.
C’est la configuration que vous trouverez chez la grande majorité des fabricants, et celle autour de laquelle les blocs-portes sont dimensionnés.
La formule de calcul est simple : épaisseur finie = largeur du rail + (épaisseur plaque × 2). Avec un rail de 70 mm et deux plaques BA13 de 13 mm chacune, on obtient 96 mm – arrondi à 95 mm dans la nomenclature commerciale. C’est cette logique qui gouverne tous les assemblages.
Trois dimensions standards coexistent sur le marché : 95 mm, 100 mm et 120 mm. Chacune correspond à un assemblage différent, avec ses propres contraintes de performance acoustique et de compatibilité produit.
Composition en placo : ce que cache réellement l’épaisseur finie

Derrière un chiffre comme « 95 mm », il y a un assemblage précis qu’il faut connaître. La marque Eclisse, référence sur ce segment, distingue trois configurations courantes :
- 95 mm : ossature 70 mm + 1 plaque BA13 par face (13 mm × 2 = 26 mm + 70 mm = 96 mm arrondis)
- 100 mm : ossature 48 mm + 2 plaques par face (26 mm × 2 = 52 mm + 48 mm = 100 mm)
- 120 mm : ossature 70 mm + 2 plaques par face, dit « double peau », pour les exigences acoustiques renforcées
Le standard le plus répandu dans la construction neuve française reste la cloison dite « 72/48 » : ossature 48 mm et une plaque BA13 de chaque côté pour une épaisseur finie de 72 mm.
C’est cette configuration qu’on retrouve dans la plupart des appartements construits ces vingt dernières années – et c’est précisément là que le problème se pose avec les châssis à galandage standards.
Pour les projets avec contraintes acoustiques, la configuration 120 mm en double peau apporte un gain mesurable.
Les châssis préconisés pour cette épaisseur sont prédisposés pour recevoir des plaques de 12,5 mm, ce qui correspond aux BA13 standards du commerce.
Cloison 48 mm et galandage : une incompatibilité à anticiper
C’est le piège classique du chantier mal préparé. Vous avez une cloison existante en ossature 48 mm – soit 72 mm finis – et vous voulez y glisser un châssis à galandage.
Le problème : la quasi-totalité des châssis standards est dimensionnée pour une ossature 70 mm, soit 95 mm finis.
Forcer un châssis 70 mm dans une ossature 48 mm ne fonctionne pas proprement. On se retrouve avec une surépaisseur de 23 mm qui dépasse de la cloison – ce que les plaquistes appellent familièrement une « verrue ».
Résultat : un habillage impossible à réaliser proprement, et une finition qui trahit l’intervention.
La solution existe pourtant. Des blocs-portes ont été spécifiquement conçus pour les cloisons sèches de 72 mm en ossature 48 mm – le Navibloc en est l’exemple le plus connu.
Ce produit accepte des vantaux de 40 mm d’épaisseur et se décline en quatre largeurs allant de 63 à 93 cm.
Si votre cloison est en 48 mm, c’est vers ce type de solution qu’il faut vous orienter, pas vers les châssis universels.
Quelle largeur de rail choisir pour une porte à galandage?

Deux largeurs de rail coexistent sur le marché : 48 mm et 70 mm. Le choix n’est pas anodin, car il conditionne à la fois l’épaisseur finie de la cloison et la rigidité mécanique de l’ensemble.
Pour les baies inférieures à 900 mm de large, un rail de 48 mm peut suffire.
Au-delà de 900 mm, le rail de 70 mm s’impose pour garantir la tenue dans le temps – un rail trop souple sur une grande ouverture finit par se déformer sous le poids du vantail.
Le guidage inférieur, lui, est réalisé à partir d’un rail standard de 48 mm quelle que soit la configuration choisie en hauteur.
Ce point est souvent négligé lors de la conception, alors qu’un guidage mal dimensionné provoque des déraillements et des bruits de frottement qui deviennent vite insupportables au quotidien.
Si vous vous posez des questions sur les portées maximales d’ossatures similaires, les règles du plafond autoportant M48 selon le DTU 25.41 donnent un bon cadre de référence pour comprendre les limites des profilés métalliques standards.
Châssis Scrigno : les données techniques à vérifier avant la pose
Scrigno est l’un des fabricants les plus cités dans les projets de galandage en France, avec deux gammes principales aux caractéristiques distinctes.
| Gamme | Épaisseur cloison finie | Vide interne | Épaisseur maxi vantail | Plaques prévues |
|---|---|---|---|---|
| Gold Base | 100 mm | 54 mm | 40 mm | 12,5 mm |
| Essential | 100 mm | 54 mm | 40 mm | 12,5 mm |
Les deux gammes visent donc une cloison finie à 100 mm, avec un vide interne de 54 mm qui accueille le vantail en position ouverte.
Un vantail de plus de 40 mm d’épaisseur ne rentrera pas – c’est un point à vérifier absolument si vous avez une porte d’entrée épaisse ou une porte coupe-feu à intégrer.
Les châssis Scrigno sont prédisposés pour des plaques de 12,5 mm, ce qui correspond exactement aux BA13 du commerce courant.
Attention à ne pas utiliser des plaques hydrofuges de 13 mm pleines – le demi-millimètre de différence peut sembler négligeable, mais il se cumule sur les deux faces et peut créer des tensions sur les agrafes de fixation.
La porte à galandage en extérieur demande une épaisseur différente

Installer un système de galandage en façade ou pour une séparation intérieur-extérieur, c’est un tout autre projet.
Les châssis intérieurs standards ne sont pas conçus pour cela : ils n’offrent aucune protection contre l’humidité, le vent ou les variations thermiques.
Pour un usage extérieur, l’épaisseur de la paroi concernée dépasse souvent 200 mm, qu’il s’agisse d’une maçonnerie en blocs béton, d’une ossature bois avec isolation ou d’un mur à double paroi.
Le châssis doit être spécifiquement conçu pour l’extérieur, avec des joints d’étanchéité périphériques, une protection contre la corrosion et un système de seuil adapté aux intempéries.
Les systèmes extérieurs fonctionnent souvent avec des vantaux vitrés de grande surface, ce qui alourdit considérablement le vantail.
Un vantail vitré de 2 m × 0,9 m peut peser 40 à 60 kg selon le vitrage – un poids incompatible avec les rails intérieurs standards dimensionnés pour des portes de 20 à 30 kg.
Si votre projet concerne une menuiserie extérieure coulissante intégrée dans la maçonnerie, vous sortez du cadre de la cloison sèche et entrez dans celui de la menuiserie extérieure réglementée.
La précision de la découpe dans le mur support est alors aussi critique que une saignée dans un mur porteur, avec les mêmes risques structurels à ne pas minimiser.
Choisir la bonne configuration selon son projet : récapitulatif pratique
Avant de commander, posez-vous deux questions : quelle est l’épaisseur de votre cloison existante ou projetée, et quelles sont vos contraintes acoustiques ? Le reste découlera naturellement.
| Épaisseur cloison | Ossature | Plaques par face | Cas d’usage typique |
|---|---|---|---|
| 72 mm | 48 mm | 1 × BA13 | Cloison existante standard – bloc-porte dédié type Navibloc |
| 95 mm | 70 mm | 1 × BA13 | Configuration neuve la plus répandue, châssis universels compatibles |
| 100 mm | 48 mm | 2 × BA13 | Châssis type Scrigno, bonne rigidité pour baies larges |
| 120 mm | 70 mm | 2 × BA13 (double peau) | Exigences acoustiques renforcées, chambres, bureaux |
Si vous partez de zéro sur une construction neuve, la cloison 95 mm en ossature 70 mm vous donne accès au plus large choix de châssis et de blocs-portes.
Si vous rénovez une cloison existante en 72 mm, ne cherchez pas à adapter un châssis standard : les produits dédiés existent et coûtent souvent moins cher que les reprise de cloison nécessaires pour tout refaire.
Une porte qui disparaît dans le mur, ça commence par un mur taillé à sa mesure.
L’épaisseur ne se rattrape pas une fois les plaques posées – raboter un vantail légèrement trop grand reste envisageable, mais élargir un châssis noyé dans la cloison, c’est un chantier complet à recommencer.