Une entreprise active depuis plus de 30 ans, un réseau de 9 agences en France, et pourtant une note de 1,6 sur 5 sur Trustpilot.
Le paradoxe Servitech mérite qu’on s’y arrête, surtout si vous cherchez encore à passer une commande ou à joindre un technicien via ce site.
Qui est Servitech et quels services proposait-il?
Servitech s’est construit sur trois décennies comme un acteur spécialisé dans le service après-vente et la distribution de pièces détachées pour le matériel de construction et de bricolage.
Le réseau couvrait neuf agences régionales implantées à Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rouen, Lille, Nancy et Strasbourg – un maillage territorial réel, pas un simple dépôt centralisé.
L’activité se déclinait en trois métiers distincts : la prise en charge du SAV (réparations sous garantie ou hors garantie), la vente de pièces détachées aux particuliers et aux professionnels, et une activité de grossiste en produits finis et accessoires. À son apogée, la structure employait environ 70 collaborateurs.
En mai 2018, Imer France – groupe franco-italien spécialisé dans le matériel de construction – a racheté Servitech en partenariat avec Reynald Paris.
Ce changement de main a marqué un tournant social brutal : selon un témoignage publié sur Indeed, plus de 60 % des collaborateurs historiques avaient quitté l’entreprise dans les 20 mois suivant le rachat.
La perte de mémoire technique dans ce type de structure a des conséquences directes sur la qualité du service.
Avis et retours d’expérience clients sur Servitech.fr

La note globale sur Trustpilot parle d’elle-même : 1,6 sur 5 pour 39 avis. C’est peu d’avis pour une structure de cette taille, mais leur cohérence est frappante – les mêmes reproches reviennent dans presque chaque témoignage.
Sur Webwiki, deux avis seulement sont référencés, dont un cas documenté : une commande passée en mai 2020, déclarée en attente de réapprovisionnement, toujours sans suite en novembre 2020 malgré une réclamation.
Six mois d’attente, zéro réponse. GoWork recense 18 avis concernant l’entreprise, davantage côté conditions de travail que satisfaction client.
Un point positif ressort malgré tout de plusieurs témoignages : la disponibilité de pièces détachées pour des appareils anciens ou des marques peu distribuées, difficiles à sourcer ailleurs. C’est précisément ce créneau qui amenait des clients à tenter leur chance malgré les signaux d’alerte.
Frais de port, numéro surtaxé : les pratiques commerciales qui posent problème
Le grief le plus cité sur Trustpilot concerne les frais de port pouvant atteindre le triple du prix du produit commandé. Concrètement : vous commandez une pièce à 8 euros, les frais de livraison affichés montent à 20 ou 25 euros.
Pour une pièce de remplacement urgente sur un outil professionnel, le client accepte souvent par nécessité – et c’est exactement ce que cette tarification exploite.
Le numéro de téléphone affiché sur le site était facturé 0,80 euro la minute. Ce tarif, légal mais délibérément dissuasif, est particulièrement problématique quand les appels restent sans réponse – ce que plusieurs clients ont vécu, certains signalant trois tentatives consécutives sans décroché.
Trois mails envoyés, même silence.
Ce type de configuration – numéro surtaxé couplé à une absence de réponse – n’est pas anodin. Elle génère des frais téléphoniques pour des démarches qui n’aboutissent pas, tout en rendant le suivi de commande impossible.
Pour un site spécialisé dans les travaux, ce manque de réactivité est particulièrement dommageable quand un chantier est en attente d’une pièce précise.
Servitech est aujourd’hui en liquidation judiciaire

La situation est désormais définitivement close. Le Tribunal de commerce de Lyon a prononcé la liquidation judiciaire de Servitech le 26 octobre 2021, avec une date de cessation des paiements fixée au 15 octobre 2021 – soit onze jours avant le jugement.
La procédure a suivi son cours pendant plus de trois ans. Le Tribunal des activités économiques de Lyon a prononcé la clôture pour insuffisance d’actif le 8 avril 2025.
En termes concrets : il n’y avait pas suffisamment d’actifs pour rembourser les créanciers, et la société a été radiée à cette date. Si vous avez une commande impayée ou un avoir en cours, les chances de récupérer quoi que ce soit sont proches de zéro.
Ne tentez pas de passer commande via le site s’il reste accessible en ligne. Une liquidation clôturée signifie que la société n’existe plus juridiquement.
Quelles alternatives fiables pour trouver des pièces détachées ou un SAV?
Pour les pièces détachées d’outillage et de matériel de construction, plusieurs plateformes sérieuses ont pris de l’ampleur ces dernières années.
Spareka, Espace Aubade ou encore Brico-Prive proposent des catalogues larges avec des frais de port affichés clairement avant validation du panier – premier critère à vérifier.
- Vérifiez le numéro de téléphone : un numéro commençant par 09 est gratuit depuis un fixe, un 08 peut cacher une surtaxe. Fuyez tout site qui n’affiche qu’un numéro surtaxé comme unique contact.
- Contrôlez les frais de port avant de valider : certains sites les affichent seulement à l’étape finale. Si les frais dépassent 30 % du montant de la commande, comparez ailleurs.
- Vérifiez le statut juridique : une recherche rapide sur societe.com ou infogreffe.fr vous indique si une entreprise est en activité ou en procédure collective.
- Privilégiez les revendeurs agréés de marque : Makita, Bosch, Hilti et la plupart des fabricants maintiennent des réseaux SAV officiels avec des délais et tarifs encadrés.
Pour les rénovations plus larges où le choix d’un prestataire fiable compte autant que la pièce elle-même, les plateformes de mise en relation avec des artisans offrent une traçabilité que les anciens acteurs comme Servitech n’ont jamais vraiment proposée.
Servitech était peut-être irremplaçable sur certaines références rares. Mais une entreprise qui ne répond ni au téléphone ni aux mails, puis disparaît en laissant des commandes en suspens, rappelle une règle simple : la disponibilité d’une pièce ne vaut rien si personne ne la livre.