14 grands barrages en chantier au Maroc pour une capacité de plus de 5 milliards de m³

14 grands barrages en chantier au Maroc pour une capacité de plus de 5 milliards de m³

Au 16 octobre 2026, 14 grands barrages sont en construction ou en surélévation au Maroc, pour un investissement global dépassant 29 milliards de dirhams (environ 3 milliards de dollars) et une capacité de stockage attendue de 5,038 milliards de m³. Le bilan émane de Maa Dialna, la plateforme d’information sur l’eau du ministère de l’Équipement et de l’Eau, et a été repris par Le Matin, Alyaoum24, Le360 et Morocco World News. Deux ouvrages, Sidi Abbou et Aït Ziat, sont déjà terminés. Plusieurs autres approchent de la livraison, d’autres traînent.

Ce que dit le bilan, et ce qu’il ne dit pas

Le chiffre de 5,038 milliards de m³ est une capacité attendue à l’achèvement de l’ensemble des chantiers. Ce n’est pas un volume disponible aujourd’hui. Les calendriers de livraison et les niveaux d’exécution varient fortement d’un ouvrage à l’autre, ce qui interdit de lire ce total comme une échéance unique.

Autre précision : le bilan d’octobre reprend des données déjà publiées par Le360 le 19 septembre 2026. Il s’agit donc d’une photographie de septembre-octobre, pas d’un suivi en temps réel.

Où en est chaque groupe d’ouvrages

Deux barrages sont achevés à 100 %.

  • Sidi Abbou (province de Taounate) : capacité de 200 millions de m³.
  • Aït Ziat (Haouz) : capacité de 185 millions de m³, pour un investissement de 1,942 milliard de dirhams. C’est un repère d’ordre de grandeur par ouvrage, sachant que l’enveloppe globale dépasse 29 milliards pour 14 chantiers.

Deux autres sont en phase finale.

  • Béni Azimane (Driouch) : réalisé à 98 %, capacité de 44 millions de m³, finalisation prévue fin 2026.
  • Kheng Grou (Figuig) : 91 % d’avancement, livraison prévue avant fin 2026.

Ces deux dates sont des prévisions, pas des engagements garantis. Un chantier à 98 % peut encore glisser de quelques mois, comme n’importe quel chantier à ce stade.

Six autres ouvrages se situent entre 77 % et 90 %. Parmi eux, Targa Ou Madi (est du pays, 90 %) et Oued Lakhdar (Azilal, 86 %). Les sources consultées ne nomment pas les quatre autres de ce groupe, et rien ne permet de les deviner : mieux vaut consulter directement le bilan Maa Dialna si votre région est concernée.

Le reste du programme est signalé en retard. Les projets à retard notable existent, mais les sources disponibles n’en détaillent ni les noms, ni l’avancement, ni les capacités. Aucune date de livraison ne peut donc leur être prêtée, et leur calendrier ne doit pas être supposé aligné sur celui des ouvrages avancés.

Un repère pour l’échelle : le remplissage actuel

Au 19 octobre 2026, les barrages marocains sont remplis à 65,9 %, soit environ 11,2 milliards de m³, un niveau environ deux fois supérieur à celui de l’année précédente (chiffres cités par Le360 ; la source précise du taux n’est pas détaillée). Mis côte à côte, ces chiffres donnent une idée de la taille du programme : les 5,038 milliards de m³ attendus, une fois tous les ouvrages livrés, s’ajouteraient à un parc dont les retenues contiennent aujourd’hui environ 11,2 milliards de m³. Ce rapprochement est une mise en perspective, pas un calcul de capacité totale du pays, que la recherche ne fournit pas.

14 ou 16 barrages : deux chiffres dans la presse

Si vous croisez les articles, vous verrez deux chiffres. En avril 2026, une source de Medias24 évoquait 16 grands barrages en cours de réalisation, et 7 autres programmés à l’horizon 2027. Les publications d’octobre parlent de 14. Aucune source consultée n’explique cet écart. L’achèvement de certains ouvrages entre-temps est une hypothèse plausible, mais elle n’est confirmée par aucune d’elles. Le chiffre de 14 est le plus récent et c’est celui à retenir, en gardant en tête que la différence reste inexpliquée.

Ce que cela change pour le bâtiment et la rénovation

Pour un chantier de logement, de rénovation ou de copropriété, la réponse honnête tient en peu de choses.

Ce que les faits établissent : un programme public de grands travaux de plus de 29 milliards de dirhams est en cours, avec des ouvrages déjà livrés et d’autres proches de l’être. Les retenues sont nettement mieux remplies qu’il y a un an. Si votre activité touche aux travaux publics ou aux ouvrages d’art, le programme est un sujet à suivre de près.

Ce que les faits ne permettent pas de conclure : la recherche ne documente aucun effet direct sur les prix des matériaux, la disponibilité de la main-d’œuvre, les carnets de commandes des artisans ou l’approvisionnement en eau d’un chantier donné. Affirmer qu’un barrage achevé améliore l’eau disponible pour vos travaux serait extrapoler : l’alimentation d’un site dépend du réseau local, de la distribution et de l’usage prioritaire de chaque retenue, informations que les sources ne donnent pas.

Pour décider si ce programme concerne votre activité, tout dépend de votre région. Taounate (Sidi Abbou), le Haouz (Aït Ziat), Driouch (Béni Azimane), Figuig (Kheng Grou), Azilal (Oued Lakhdar) et l’est du pays (Targa Ou Madi) sont les zones où les ouvrages avancés sont identifiés. Hors de ces zones, et si vous ne travaillez pas sur de grands chantiers publics, il s’agit surtout d’une actualité d’infrastructure sans effet documenté sur vos projets. Pour un besoin précis en eau sur un chantier, la vérification se fait auprès du gestionnaire local du réseau, pas à partir d’un bilan national.

Les prochains points à surveiller : la livraison effective de Béni Azimane et de Kheng Grou d’ici fin 2026, et les noms et calendriers des ouvrages en retard, qu’aucun bilan public consulté ne détaille pour l’instant.